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Version 2, avril 2007

AFFINITÉS

Sommaire alphabétique :

Présentation chronologique :

L'Aventure de l'Écriture - communiqué

Communiqué de presse - WalloniePresse.be
(Réf: 80467 L'Aventure de l'Ecriture)
L'activité de L'Atelier des Mots semblant entrer dans le cadre de l'éducation populaire,
il nous plaît de faire ici écho à son initiative.

Que peut l'écriture ?
C'est la question que pose l'écrivain François Emmanuel dans son dernier roman, L'enlacement, et c'est celle à laquelle nous tenterons de répondre le 22 mai.
De 11 à 13 h, à l'occasion du 200ème anniversaire de la naissance de Gérard de Nerval, l'asbl L'Atelier des Mots a en effet le plaisir de vous inviter à la Brasserie de la Porteuse d'eau, 48 avenue Jean Volders à Saint-Gilles (Métro Porte de Hal ou Parvis de Saint-Gilles).

Sa fondatrice, Patricia Le Hardÿ, y présentera la saison 2008-2009 et plus spécialement le programme de "L'Aventure de l'Ecriture (de Soi)", un parcours de découverte, littéraire, personnelle et ludique, conçu en 8 week-ends qui se dérouleront entre novembre 2008 et juin 2009.

Au cours de la matinée, les auteurs, art-thérapeutes et animateurs d'ateliers d'écriture de "L'Aventure de l'Ecriture (de Soi)" répondront aux questions des journalistes.

Les auteurs participant à la saison 2008-2009 de l'asbl L'Atelier des Mots sont: François Emmanuel, Sophie Buysse, Lydia Flem, Bernard Tirtiaux, Gilles Lapouge, Patrick Cauvin,Colette Nys-Mazure.

Les art-thérapeutes: Régis Verlay,Donatienne Cassiers,Jean-Luc Vidua, Milaya Lodron, Béatrice Dryepondt, Hélène Gallez, Grégory Wispelaere, Géraldine Abel.

Les animateurs d'ateliers d'écriture: Jean Kabuta,Isabelle Rossignol,Agnès Henrard, Colette Cambier,Evelyne Wilwerth,Catherine Von Bibikow.

Pour le bon déroulement de la matinée, merci de confirmer votre participation.
Le programme complet de la saison de l'asbl L'Atelier des Mots est également disponible sur demande.

asbl L'Atelier des Mots
Responsable: Mlle Patricia Le Hardÿ
Email: latelierdesmots@skynet.be
Tel: 00 32 2 5378382
B-1060 Saint-Gilles
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Fin de communiqué

9. Paul MEYER nous a quittés le 29 septembre 2007…

Il était né en 1920, deux ans après Lucien André.

La plupart, aujourd’hui, connaissent sans doute le cinéaste, que l’on considère comme le fondateur du cinéma wallon.  Pourtant son œuvre est née dans des conditions difficiles.  Son film le plus marquant, Déjà s’envole la fleur maigre, lui avait été commandé par le Ministère belge de l’Instruction publique pour montrer l’adaptation des enfants d’immigrés italiens dans le Borinage.  Mais le réalisateur découvre une réalité moins belle que celle qu’on veut lui faire montrer, il fait jouer aux immigrés leur propre rôle et transforme l’œuvre de propagande qu’on voulait lui faire tourner en un film de fiction «tout imprégné d’un sentiment tragique de la vie, auquel s’ajoute (…) un désenchantement irrémédiable» (Henri Storck).  Une grande œuvre qu’on a apparentée au néo-réalisme italien.  Elle ne convenait pas à ses commanditaires, qui exigeront le remboursement des sommes avancées, plongeant  l’auteur pour de longues années dans d’insoutenables difficultés financières. 

La nature de Paul Meyer se manifeste pleinement ici : sa puissance créatrice, son indépendance, sa volonté de décrire la réalité sociale dans sa vérité.

Il poursuivra son œuvre dans le même esprit, dans ses documentaires pour la télévision et jusque dans le film que la défaillance de ses producteurs ne lui ont pas permis d’achever, La Mémoire aux Alouettes.

Il y a dans cette carrière pleine d’embûches une admirable continuité de pensée et d’action.  Il avait découvert à l’adolescence, à Verviers, les luttes ouvrières.  Engagé volontaire à 16 ans dans les Brigades internationales, résistant pendant la seconde guerre mondiale, il rencontrera Lucien André, avec qui il fondera, à la Libération, un Théâtre prolétarien, qui est lié à l’action du Parti communiste.  Mais les deux jeunes hommes n’entendent pas réduire leur travail à la simple propagande.  Ils veulent servir à la fois l’art et le peuple —ce qui les amènera à s’engager dans des voies qui leur sont propres.  Lucien André composant une œuvre poétique personnelle, se tournant vers le théâtre de marionnettes et la "lecture vivante".  Paul Meyer créant pour les enfants Le Petit Théâtre, mettant en scène Molière, Plaute, Goldoni, Brecht, puis optant pour le cinéma, pour lequel il poursuivra un travail exigeant et tenace pendant cinquante ans.

Mais ils restent unis par l’idéal social révolutionnaire, l’indépendance de la pensée, la recherche de formes artistiques nouvelles.  Complices et amis face à ceux qui auraient voulu les soumettre.

Signalons qu’est sorti en 2007 un film documentaire de Jean-Claude Riga intitulé Paul Meyer et la Mémoire aux Alouettes.

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8. DUBRUNFAUT - DEPREZ

Deux hommes sont morts l’été dernier (2007), deux amis de Lucien André. Wallons tous les trois : Marcel Deprez est né à Ans, Edmond Dubrunfaut était Tournaisien —et profondément fidèles à leurs racines.  Ils étaient de la même génération.  Ils ont vécu la terrible montée du fascisme et l’Occupation.  Ils y ont opposé une résistance inflexible, s’engageant tous les trois dans le combat pour la justice et  la liberté.

Marcel DEPREZ (1920-2007) a combattu, avec son frère René et Lucien André, dans les Partisans Armés.  Arrêté, déporté à Bergen-Belsen, il cherchera toute sa vie à transmettre un «esprit de Résistance».  C’est un homme de culture.  Docteur en Histoire, il a présidé avec Michel Hanotte l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale.  Son but est de «rendre la culture au peuple et le peuple à la culture».  Il s’engage avec foi dans l’action pour la culture populaire, l’éducation permanente (Peuple et Culture, les CEMEA… où il côtoiera Lucien André).  Comme Lucien André, il sera inspecteur des bibliothèques publiques.  Il succédera à Marcel Hicter comme secrétaire général des Affaires culturelles de la Communauté française.

Peu avant de mourir, il a dit : «Je ne serai pas libre tant que tous les hommes ne le seront pas.»

Si par beaucoup d’aspects, Marcel Deprez et Lucien André sont proches, il y a eu aussi entre eux beaucoup de rencontres.  Il y a eu  l’amitié.  On en trouve trace dans un poème encore inédit, Visages ouverts. Il est dédicacé à Marie-France Deprez :

J’écris ce poème le huitième du mois de Mai
de l’an dix neuf cent cinquante et un
pour une enfant qui vient de naître,
il y a un an à peine.
……………………………………………………
Marie-France
Sainte Marie
France des Roses
en ce pays de charbon
où le soleil est pauvre ainsi que ses ouvriers
Marie-France enfant l’on chante
à fond de gorge – à lourde voix
de beau métal – de lumineux charbon
Marie-France
en  ce lointain jardin de tes roses
que le précieux coquillage de tes oreilles
que le vent sans remous de tes yeux
s’émerveillent – et regarde
écoute au fond de ta blanche
éternelle innocence
enfant de ceux qui me sont compagnons
……………………………………………….

La vie d’Edmond DUBRUNFAUT (1920-2007) a été entièrement vouée à l’art.  De façon proliférante, ardente, à la recherche de toutes les formes d’expression.

Il est peintre.  Mais en 1945, il fonde avec ses amis Roger Somville et Louis Deltour le Centre de Rénovation de la Tapisserie de Tournai.  Avec eux encore,  en 1947, il forme le groupe Forces Murales, qui réalise, par exemple, à l’intérieur du Palais de Justice de Bruxelles, une grande fresque murale —70 mètres carrés— peinte a fresco (soit, selon l’ancienne technique, sur l’enduit frais) : «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous», proclame de ses tons vigoureux la fresque décrivant le port, la mer et ses travailleurs.

Dès ces années s’affirment nettement les aspirations du peintre : recourir à des techniques exigeantes, entreprendre des œuvres collectives et défendre par la peinture un idéal de justice sociale.  Il s‘agit, selon la formule de Somville, de «créer un art public».   Aussi un grand nombre des œuvres de Dubrunfaut sont-elles destinées à des endroits où passent beaucoup de gens.  Par exemple, à la station de métro Louise, à Bruxelles, La Terre en fleur, ensemble de tapisserie et de carreaux de céramique.

Ces œuvres,  souvent de grand format (Mais il y a aussi des dessins, des aquarelles, des lavis à l’encre de Chine), mettent en    scène le monde du travail (la mine, le travail des champs), exaltent la beauté de la nature et de la femme.  Elles montrent la dureté de la condition ouvrière,  dénoncent les horreurs de la guerre tout en dévoilant la splendeur du monde.

Cette orientation de son œuvre s’est trouvée en consonance avec celle du groupe de jeunes poètes de l’Université de Bruxelles auquel Lucien André appartenait.  Rejoints par un groupe de jeunes architectes de Mons (dont Edgar Liébin), les peintres de Forces Murales et les poètes du Cercle littéraire de l’ULB avaient ensemble de fréquentes réunions, échangeaient d’enthousiastes projets, cherchaient ensemble des contacts à Paris.  Un des poètes (ayant foi en l’œuvre collective, ils omettaient souvent, lorsqu’ils lisaient leurs textes en public, d’en citer l’auteur)  écrivait :

Atelier Force Murale

                        à Edmond Dubrunfaut

                                                et Roger Somville

Par-dessus l’ombre étalée
nous ferons vivre la couleur.
Par-dessus l’ombre éclatée
nous rendrons aux objets
leur langage d’enfance.
               

C’est dans cette ambiance d’exubérante jeunesse que Lucien André a rencontré Edmond Dubrunfaut et a lié avec lui des contacts qui ne cesseront pas, comme en témoigne l’illustration par le peintre du recueil  Le Jeu de l’Aube (1965) ou le texte que le poète a consacré  au peintre : Dubrunfaut : pour un art public (1983).

(Il se trouve qu’un des derniers textes qu’ait écrit Marcel Deprez est aussi consacré à Edmond Dubrunfaut, dont il était aussi l’ami.)


Ce site a été consacré essentiellement jusqu’ici à mettre en valeur le grand poète qu’a été Lucien André.  Dès le départ, cependant, une place y a été réservée à "l’éducation populaire", dont Lucien André était un infatigable et remarquable animateur.

Peut-être la disparition de ses deux amis voués tout aussi ardemment au rapport peuple – culture pourrait- elle nous fournir l’occasion de donner plus d’ampleur à cet important chapitre.  Mais cela dépend beaucoup de ceux qui ont été témoins du travail de Lucien André et de ceux qui, animés d’un même esprit, cherchent à trouver les moyens, dans le monde d’aujourd’hui, de poursuivre cette œuvre indispensable.  Nous faisons appel à la contribution qu’ils pourraient apporter dans les chapitres "éducation populaire"*, "Ils l’ont connu"*—  ou dans le Forum.

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* Prière en ce cas de bien vouloir adresser vos textes à Maurice Grosjean.

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7. Carl RABUS
(1898-1983)

Né à Kempten (Bavière), étudie à l’Académie de Munich.  Passe quatre ans à Berlin (1923-1927), alors en pleine effervescence intellectuelle et artistique.  Subit l’influence du Bauhaus, fréquente Paul Klee.  Son œuvre se situe dans le courant expressionniste. Peint des décors de théâtre Illustre des livres (Hoffmann, Mörike, Wieland, Balzac). Signe des dessins dans des publications de gauche (Lachen Links, Eulenspiegel, Orchideegarten, Jugend).  Il est membre de l’ASSO (association d’artistes révolutionnaires).

période expressionniste
Une reproduction de la période expressionniste,
Schlossmuseum des Marktes Murnau am Staffelse, DR

Retourne ensuite à Munich.  Voyage (Italie, France, Belgique).

En 1934, Hitler arrive au pouvoir : Rabus quitte l’Allemagne pour Vienne.  Y fait la connaissance d’une photographe de talent, Erna Rabus.

En 1938, l’Anschluss fait fuir le couple à Ostende  (où Rabus rencontre James Ensor) et Bruxelles.

Mai 1940, invasion de la Belgique.  Les autorités belges le déportent, en tant qu’"ennemi potentiel", au camp de Saint-Cyprien (Pyrénées orientales).

C’est l’horreur : «Le temps y était arrêté —raconte-t-il— Seuls les gardes derrière les grilles avec leurs baïonnettes dressées nous faisaient soupçonner qu’à l’extérieur un monde devait exister.  Autour ne nous n’existait qu’un espace vide.  Nous avions faim…»  Rabus réussit malgré tout, avec un matériel de fortune, à dessiner. (Ces 50 dessins restés jusque-là inconnus ont été offerts par Erna Rabus en 2004 au Buchheim Museum).

Mais, étant Allemand, Carl Rabus réussit à se faire libérer et il peut rejoindre à Bruxelles sa compagne Erna.  Mais le couple, pendant quatre ans, devra mener une vie clandestine… jusqu’au jour où, Erna étant juive, Carl qui l'a épousée est condamné pour "Rassenschande" (indignité raciale) et emprisonné à Vienne.

portrait
Carl Rabus au travail en 1945, DR

Libéré en 1945, ayant retrouvé sa femme à Bruxelles, il grave sur lino et sur bois une de ses œuvres majeures : le cycle des dix-sept gravures de la Passion.  Aboutissement d’une longue méditation sur la souffrance imposée à l’homme par l’homme.  Nourrie par le souvenir du camp de Saint-Cyprien, amplifiée par l’horreur des camps de concentration qu’on vient de découvrir.

A cette époque, Carl Rabus a déjà derrière lui vingt-cinq ans de travail artistique jamais interrompu : continué même dans sa prison de Vienne comme il l’avait été à Saint-Cyprien. Mais les années 50 vont marquer un tournant dans sa carrière.  Abandonnant la voie de l’expressionnisme, il s’engage alors dans la voie de la peinture abstraite :

période abstraite
Une reproduction de la période abstraite,
Schlossmuseum des Marktes Murnau am Staffelse, DR

Carl Rabus rentrera dans sa Bavière natale en 1974. Il s’installera à Murnau, où il mourra, accidentellement, neuf ans plus tard.

L’Allemagne découvre depuis peu toute une génération d’artistes que le régime nazi avait persécutés, contraints à l’exil et condamnés à l’oubli (die verschollene Generation —"la génération disparue"). Carl Rabus  trouvera, nous n’en doutons pas, la place à laquelle il a droit dans l’art du XXme siècle.

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6. René CHAR

René Char est né le 14 juin 1907.  Lucien André, le 6 décembre 1918. Onze ans les séparent; l’un est Provençal, l’autre Hennuyer. Pourtant leurs destins vont suivre, un long moment, des lignes parallèles.
Char, déjà, rejoint avec retard, en 1929, le groupe surréaliste.

«J’étais un révolté —écrit-il— et je cherchais des frères.» Il dit aussi : «C’est par amitié pour Eluard que j’ai pris place dans le surréalisme sans qu’il y ait eu de ma part une adhésion à la doctrine et sans que j’aie pratiqué la méthode surréaliste.»

C’est sans doute une démarche semblable qui conduit, quelques années plus tard, André vers Chavée et les frères Bury.
Ni l’un ni l’autre ne restent longtemps liés au surréalisme; ce sont des indépendants. D’ailleurs, bientôt la guerre les jette, à distance, dans la même voie. Char, démobilisé, entre dans le maquis des Basses-Alpes et devient "le capitaine Alexandre". André, de retour du Lot, entre dans les Partisans armés et devient "le commandant Claude".

Quatre années de résistance les marquent profondément. Cette expérience infléchit leur œuvre, inspirant à l’un les Feuillets d’Hypnos et seuls demeurent, à l’autre le Roman partisan et Chansons pour Nausicaa.
Leurs destins restent donc parallèles jusqu’à la Libération; ils divergeront ensuite. Leurs œuvres témoignent de sensibilités différentes, empruntent des formes qui –de l’épanchement lyrique à l’aphorisme– souvent contrastent.
Mais l’amour du pays natal et de sa culture, une très vive attention à la nature les rapprochent. Surtout, dans les œuvres nées des temps tragiques, les deux voix révèlent un accord profond.

René Char dit de ses Feuillets d’Hypnos :

«Ces notes marquent la résistance d’un humanisme conscient de ses devoirs, discret sur ses vertus, désirant réserver l’inaccessible champ libre à la fantaisie de ses soleils, et décidé à payer le prix pour cela.»

Ces mots pourraient convenir, sans doute, pour définir l’esprit qui inspire les Chansons pour Nausicaa.

Maurice GROSJEAN,
14 juin 2007

Cette Année René Char (2007 : centenaire de sa naissance) a donné lieu à une exposition à la Bibliothèque nationale de France ainsi qu’à un colloque international.  Demander sur Internet : "René Char exposition", "René Char colloque".
On trouvera dans le Bulletin Officiel les activités proposées aux enseignants à l’occasion de l’Année René Char : http://www.education.gouv.fr/bo/2006/38/MENE0602527C.htm
Aussi un choix de poèmes de Char dans le site :
http://www.cndp.fr/secondaire/francais/dossiers/char/accueil.htm

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5. Loys MASSON.

Quand, en mars 1946, le Cercle Littéraire de l’ULB avait invité Loys Masson à faire une conférence (à laquelle il avait donné le titre : L’Écrivain et la colère), la revue du groupe, Le Portulan (premier numéro, daté de Pluviôse An 155) avait consacré une page entière au poète, avec des extraits de ses poèmes et une Lettre à Loys Masson —surtitrée "Celui qui croyait au ciel…" —signée Lucien André :

«Mon cher Loys Masson (…) Votre mérite fut, non seulement d’avoir si bien chanté, en ces années de malheur, l’unité, mieux l’amitié de la Résistance, ses oiseaux, son fleuve et ses Saintes, mais aussi la colère du chrétien blessé en ses sentiments fraternels et ce, en homme apparemment simple, en style de berger ou de marin.»

On sentait, dans ce texte, combien il se sentait proche de l’auteur de Délivrez-nous du mal.  Les brèves rencontres qui suivirent le confirmèrent dans ce sentiment.  D’ailleurs n’aurait-il pas pu se retrouver —au nom près et en pensant à Judith au lieu de Paula— dans ce portrait que Loys Masson a fait de lui-même  ?

Je vous aime.  Je suis Loys Masson
Le poète de la tendresse, de vous et de la révolution.

On trouvera une excellente présentation de la vie et de l’œuvre de Loys Masson dans la conférence que Catherine Réault-Crosnier a présentée aux Rencontres littéraires dans le jardin des Prébendes de 2004 à Tours.  On pourra lire ce texte dans la page que lui consacre Catherine REAULT-CROSNIER..

Et puisque nous en sommes aux rencontres, signalons que
• le neveu de Loys Masson, Jacques, qui avait apporté son témoignage à ces Rencontres, poursuit lui-même une activité d’animation culturelle qui n’est pas sans analogies avec celle de Lucien André : Jacques MASSON: connaissance de la nature, incluant contes, animations, expositions, livres, préférences, rencontres et "news";
• qu'"organisée par le Mouvement Alternatif pour la Transmission des Œuvres et des Idées (M.A.T.O.I), à l’initiative de Brigitte Masson, la fille du peintre, et en partenariat avec le ministère mauricien des Arts et de la Culture et le Mahatma Gandhi Institute, une rétrospective nous laisse un site qui nous révèle, père de Jacques et frère de Loys donc, Hervé MASSON, peintre, écrivain, et homme politique.

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4. Roger SOMVILLE

Somville ne triche pas.

Il y a chez lui bien plus que des thèmes récurrents. Il y a un style. Celui de l'homme qui délivre le même message depuis des décennies.

Il se résume en quelques mots : arriver à un monde meilleur.

Ces mots écrits par Colette Bertot —"Mémoires", la Lettre mensuelle, septembre 2003— font apparaître ce qui, au-delà d'une sympathie mutuelle, a pu rapprocher Roger Somville et Lucien André : semblable refus des valeurs fausses, semblable volonté de marcher vers un avenir fraternel.

Signalons le site de la Fondation Somville.

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3. Achille CHAVÉE

"le vieux peau-rouge qui ne marchera jamais dans une file indienne", ainsi que se définissait lui-même Achille CHAVÉE, pourrait s'attribuer aussi à Lucien André dont ce fut en somme l'un des fidèles principes.

Achille Chavée est d'ailleurs un de ceux-là qui influença Lucien André, tant dans l'expression poétique que pour l'idéal social et, partant, pour l'engagement politique.

Le Club Achille Chavée  est par l'Internet la voie par laquelle commencer à découvrir cette personnalité majeure du surréalisme que présente aussi Cent Wallons du siècle.

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2. Max ROUQUETTE

Ce 22 juin 2005 est mort le grand poète occitan Max ROUQUETTE, qui disait :
"cheminer dans le temps bleu où les jours du passé
sont aussi clairs que les jours à venir".

Lucien André, auquel ce "temps bleu" était familier, avait en commun avec Max Rouquette un indéracinable attachement à la langue natale et un contact profond avec la vérité de la terre.

Pour la vie et l'œuvre de Max Rouquette, on pourra consulter par exemple le site de l'Université de Montpellier

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1. Arthur HAULOT

Parce que la poésie de Lucien ANDRÉ est très étroitement associée à la "der des der" et plus largement à la lutte contre le fascisme, il a été décidé, sa mise en forme approchant de cette date, d'inaugurer le site qui lui est consacré le 6 juin à l'aube .  Or, quelques jours après cette décision et quelques jours avant cette inauguration, Arthur HAULOT mourait.

Se sont-ils connus, se sont-ils rencontrés, Lucien André et lui ?

Faute d'informations suffisantes, nous constatons simplement que, nés à 5 ans de distance, ils ont connu des chemins de vie intensément et authentiquement parallèles.

En créant ce premier lien, nous voulons associer symboliquement l'hommage que nous rendons à l'un et à l'autre.  Des nombreux sites inventoriés par "Google", (Wallonie en ligne, Tourmag.com, l'Institut Arthur Haulot, le Service du Livre Luxembourgeois, Zazieweb, et, principalement, http://www.arthurhaulot.be, le site conçu par son fils, Marc), nous reproduisons, de L'Espace Citoyen —Décès d'Arthur Haulot— ce résumé :

Résistant lors de la Seconde guerre mondiale, rescapé des camps de concentration, ancien journaliste, poète, fervent militant humaniste, c'est un grand homme qui s'est éteint. Toute sa vie, cet homme de paix a témoigné de l'horreur des camps et mené un combat acharné contre les injustices et le totalitarisme.

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29/04/08