
Biographie sommaireUne jeunesse militante -et déjà poétique... Mon père, Lucien Louis ANDRÉ naît à Haine-Saint-Pierre(Province
de Hainaut, Belgique) le 6 décembre 1918. Il est issu d’un
milieu ouvrier, profondément «marqué à Gauche»,
comme on dirait aujourd'hui. Élève à l’Athénée de Morlanwelz, fondé par l’industriel Raoul Warocqué, Lucien André militera dans la Jeune Garde Socialiste (J.G.S.) : il y sera Secrétaire de Section, dès 1932. En outre, partisan -et artisan- de l’unité avec les Jeunesses Communistes Belges, il aidera à la création d’une section locale des Faucons Rouges, puis deviendra secrétaire des J.G.S.U. (Jeunes Gardes Socialistes Unifiées) de Haine-Saint-Pierre. Parallèlement, il commence à s’intéresser au théâtre -par le biais des théâtres des Maisons du Peuple de Jolimont et d’Haine-Saint-Pierre, où ses oncles faisaient représenter des revues locales ou d’actualité dont ils étaient les auteurs. C’est vers cette époque, sous l’influence de Charles Plisnier et Achille Chavée, qu’il rencontrera et avec qui il entretiendra (du moins pendant un temps) une correspondance, que Lucien André commence à écrire : poèmes et chœurs parlés. Si les premiers sont influencés tantôt par le Surréalisme, tantôt par la culture populaire et ouvrière à laquelle il semble s’être intéressé très tôt, tantôt par les traditions (tant familiale que politique) des luttes sociales du XIXème et du début du XXème siècle, les seconds, d’inspiration véritablement sociale et politique, sont «en prise directe» avec l'actualité de l'époque. Sans oublier «un roman et demi», dont l'action se déroule dans le milieu ouvrier qu'il connaît bien. Avec quelques camarades des J.G.S.U., il organise alors le groupe culturel Komintern -ce qui causera un certain scandale dans la famille : chez les André-Miche, on est Socialistes, et le Komintern, ce sont les Communistes, dont il se sent de plus en plus proche. Ce groupe semble avoir joué un certain rôle de «soutien culturel» lors des grèves qui toucheront la Belgique en 1936. Après le décès de son père, survenu après les grèves de 1936, et s'être vu refuser un engagement dans les Brigades Internationales (1), il quitte la région du Centre pour Bruxelles. Il militera alors aux J.G.S.U. d’Ixelles, tout en assistant aux réunions de la section du Parti Communiste Belge de cette même commune. Aide-comptable à l’Union nationale des Mutualités socialistes, il est obligé de quitter Bruxelles pour Waterloo -pour raisons de santé. C’est là que la guerre le rattrape, pour l’envoyer sur les routes de France (et de Navarre) -en compagnie, notamment, de Pol Bury, son ami d’enfance- qui deviendra le célèbre sculpteur. Un poète dans la guerre.Le groupe dont fait partie Lucien André se retrouve à Toulouse, d’où il est expédié dans le Lot, à Marcilhac-sur-Célé, pour aider aux travaux agricoles. L’équipée durera quelques mois après lesquels il revient en Belgique. Il épouse alors la pianiste Marcelle Mercenier, dont il divorcera après la guerre pour épouser la fille cadette du peintre Franz Van Montfort, Judith, née comme lui le 6 décembre 1918 (2), et qu’il avait rencontrée durant la guerre. La première expérience de Lucien André dans la Résistance
(un élevage de poulets à Ohain pour assurer la subsistance de résistants
communistes) est un échec. Il entre alors comme employé au
Service du ravitaillement à Ohain : il est probablement un des artisans
du cambriolage de ce service dans le courant de 1941. En 1943, il devient
courrier des Partisans Armés (Front de l’Indépendance) pour
le Sud de la Belgique. Après juillet 1943 et la vague d’arrestations
qui ont pratiquement décapité le P.C.B. et les Partisans Armés,
Lucien André Il revient alors à Bruxelles, où la capitulation allemande le retrouvera le 8 (ou le 9) mai 1945. Une de ses dernières actions comme Partisan Armé -mais ce jour-là sans armes- sera sa participation à ce que d’aucuns ont considéré (avec l’appui bienveillant des U.S.A. ?) être une tentative de coup d’État communiste : la journée de 25 novembre 1944, qui n’était -en réalité- qu’une manifestation pacifique visant à l’établissement d’un régime réellement démocratique en Belgique. Il en tirera un chœur parlé, qui sera représenté au Cirque Royal. De cette époque de la fin de la guerre date une collaboration avec Paul Meyer, avec qui -histoire de remonter le moral des habitants de Bruxelles- il ira représenter un chœur parlé traitant de l’offensive des Ardennes. Cette collaboration durera quelques années. De l'inconvénient d'être fidèle à ses amis... Poète et agitateur culturel. En 1946 aussi, il participe à l’organisation du Cercle Littéraire
de l’Université Libre de Bruxelles. Employé au Ministère des Travaux Publics, Département des Dommages de Guerre, mon père deviendra, en 1958, Inspecteur des Bibliothèques Publiques à ce qui était encore alors le Ministère de l’Instruction Publique. Nous quitterons alors Bruxelles pour la Province de Luxembourg, qui est celle pour laquelle il a été désigné. Parallèlement à son activité «normale» d’inspection «des Bibliothèques-Publiques-et-des-œuvres d’Éducation populaire», Monsieur l’Inspecteur organisera des stages de formation d’animateurs socioculturels, aidé en cela par des instructeurs des C.E.M.E.A. (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active) et par des «anciens» de «La Veillée». De même, sous l’impulsion et avec l’appui d’un Directeur Général particulièrement dynamique -Marcel Hicter- il organisera le tout premier «bibliobus» de ce qui était entre-temps devenu le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Culture. Sans oublier, non plus, la participation à la création, au tout début des années '60, du groupe de danses folkloriques de Marche-en-Famenne, «La Plovinète» («la petite pluie de printemps»), au sein duquel il aura même un rôle actif. Pour des raisons qui sont toujours demeurées (officiellement) obscures, il quittera le groupe en 1964. Ce qui m'obligera à faire la même chose... Ces multiples activités n’empêchent pas mon père
d’écrire. En fait, il semble n’avoir jamais arrêté (ou
si peu), depuis ses premiers poèmes de 1934 : peut-être même
en existe-t-il de plus anciens... Une séparation incompréhensible
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| Création : juin 2005 |
Conception : Maurice Grosjean - Apports : Frédéric
André - Elaboration : Louis Pieters © Frédéric André Contacts |
Mise à jour : 5/03/08 |