Il faut retrouver le sentier des journées anciennes
s'en retourner par la profondeur
du sang – de ses veines – auprès des aulnes
entendre chanter le tarin de son enfance
puis se perdre dans la nuit du temps

Il faut rire – heureux des ruisseaux en méandres
ne pas craindre le vent secouant la hêtraie
affolant les molettes des puits charbonniers

Il faut marcher par la sonnante gelée
ne pas broncher du regard
et renvoyer – au-delà des landes
les crachats – les crève-cœurs – les escarbilles

Alors
les heures seront à l'image des mains de ma bien-aimée
des yeux de mon chevreau
Nous partirons
fiers ouvriers de justice – de mesure
nous ouvrirons des bras de moisson
de vent de bise

Les villages fleuriront de mille tournesols attendus
les corons illumineront – pépieront
dans le grand contentement de l'avril

Nous regarderons nos frères
et les enfants de nos frères
longtemps – nous pourrons sourire au soleil

Il montera
plus haut que le ciel