XI
Je ferme les yeux
Repose mon épouse
rêvent nos enfants
Le ciel de gel
le ciel de brume restent précieux
Le ciel où roule le soleil des moissons
et des baies de l'automne
demeure également beau
Le ciel — sur toute terre
étale une eau sans reproche
Le vent souffle au dehors
Il marie les semences vagabondes
les mottes délaissées du bord des chemins
l'écume de la mer — le vol des mouettes
Je ferme les yeux — Repose mon épouse
Je porte en moi son sommeil et nos rêves
Par mille sentiers concertés
nous avons cheminé l'un vers l'autre
l'un face à l'autre
l'un à côté de l'autre — ensemble
De jeunes regards se sont levés
Nous voyons en nous-mêmes
— heureux.
B-Virton, 1965, La Dryade,
LE JEU DE L'AUBE,
DR