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Version 2, avril 2007

XVIII – Le dit de l’amour.

et voilà
bientôt l’hirondelle du printemps reviendra
j’ai dit «mon espoir» et le jette comme graines

malgré ces reflets d’incendie
les grèves de chez Ford
les criminels en congé
malgré les baïonnettes manufacturées anglaises

je l’ai jeté comme graines et le Peuple redit «notre espoir»

parce qu’un enfant chante dans la rue
parce que depuis ma naissance s’écoule une suite ininterrompue de beaux et doux visages
tellement que l’on confond les amis disparus, les amis trouvés, retrouvés

parce que jaunes comme le soleil sont maintenant les jonquilles de m’amie adorée
parce que rouge aussi est la chanson de ce soleil

parce que l’amitié qui sur mon épaule se pose
est la roche de ma chair et de mon sang

parce que je sais
que notre amour sera multiplié

 

 

Ixelles, janvier-mars 1946

XVIII POEMES DE L'AMOUR EN GUERRE, 1946
Inédit,
D.R.

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