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Version 2, avril 2007

VII - Le premier dit de l’espoir

 

Camarades soldats de sa Majesté Britannique
et vous aussi des si proches Amériques
comprendrez-vous cette abrupte franchise
qui sans détour, va de mon pays à vos rives ?

camarades qui avez perdu des vôtres
ceux-là mêmes que nous aimons nôtres

c’est pour le même pain et la même joie
que vers cette Liberté
vos bateaux pleins de confiance et de fusils se sont détachés
des plages natales qu’en un murmure vous bénissez «là-bas»

camarades, oui camarades, qui avez compris
le temps à peine révolu des grandes armées fraternelles comme d’autres l’uniforme bleu de colère d’espérance ou de nuit
ce n’est pas vers vous que monte mon courroux
vers vous, les lucides et les fous tout comme nous

il n’est pas ennemi l’ancien partisan sans balles
essayant tous ses mots comme de la mitraille
vengeresse et qui veut vanner
dans le van du soleil : le beau du laid
dans le van de la terre et des labeurs : le bon du mauvais

ô camarades si loin de moi
que je devine si fragiles, équilibrant vos humbles qualités, vos merveilleux défauts
comme les lignes au creux de la main, si tendre et si chaud
combien j’ai peur de vous voir céder à l’ordre
devant nos frères réclamant «Justice» et non plus «miséricorde»
et faisant de vous des assassins au nom de je ne sais quelle étrange loi

camarades … camarades … 
et je voudrais que ce cri s’en aille de rade
en plaine, de montagne en ville par landes ou savanes
comme un cri fraternel, un bel oriflamme
vous prendre les épaules, vous citer le nom d’une femme
toute simple, tout aimante, toute sourire
comme celle-là que vous apercevez au bout du cran de mire

XVIII POEMES DE L'AMOUR EN GUERRE, 1946
Inédit,
D.R.

   
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