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Version 2, avril 2007

VI – Le dit des hirondelles.

 

Grèce

pays où les montagnes sont comme des cris d’enfantement
pays des femmes-fontaines déverseuses de ciel
pays du coureur-fou, des partisans raisonnables

Grèce

à ton seuil je m’arrête et respire longuement l’odeur de la piste première
qui de tes rives, jusqu’au plus profond des Indes et de l’Iran, touchant Jaffa et poignardant Suez, s’élance et déroule ses courbes meurtrières

ligne du pétrole et des dominions anémiques
belle chaîne de cuirassiers et de roitelets britanniques

qui geint et grince de ce côté de la mappemonde
comme des fers à fond de cale, bourrés de colère sourde et qui gronde

pays où l’oiseau ne sait plus… ne peut plus chanter
ni le berger caresser son flûteau léger

ni le marin de par sa barque ancestrale
et les flots où nagent des étoiles

pays où le kaki
aujourd’hui remplace le gris

par le refus des hirondelles inscrivant sur ton ciel
un refrain d’amour à la blancheur des marbres et du lait :

L i b e r t é

XVIII POEMES DE L'AMOUR EN GUERRE, 1946
Inédit,
D.R.

   
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