en_tete
Version 2, avril 2007

III – Le dit de la souvenance.

 

parce que mon enfance est souvenance brisée de lilas par le voyage et l’au-revoir à jamais d’un père au nom de camarade

parce que les rives de ma jeunesse furent bordées par tous calvaires de labeur, ruelles de crasse et démons d’industrie
parce que par l’Archange Révolte elle fut rafraîchie, redressée par vos rudes mains, ô compagnons-arracheurs de diamants à la nuit éternelle

et depuis lors, frère Révolte, tu es mon image et mon feu que me disent les glaces des villes insoumises
et tu es mon rêve, ma raison – mon seul rêve, ma seule raison

parce qu’un jour en mon verger, ma chèvre brouta près ses deux biquettes
et mes doigts sans le savoir, parfois recherchent la caresse des chats

parce que ce qui est bleu devient gris à la lueur de ce ciel inquiété
et dans la marche des heures trop précises, blessure tout ce qui dit «Bonté»
au vent de ce monde qui ne veut pas mourir, devient fleur fanée ce qui chante «Beauté»

XVIII POEMES DE L'AMOUR EN GUERRE, 1946
Inédit,
D.R.

   
© menu : Tigra Menu
Recherche interne
avec Google :
Insertion :
6/12/2005
Conception : Maurice Grosjean - Apports : Frédéric André - Elaboration : Louis Pieters
© Frédéric André
Contacts
Mise à jour :
30/05/07