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Version 2, avril 2007

21 AOÛT 1944

Par l'or et le levain de ton corps
par la douceur aquatique de tes mains d'algue
par la vertu tranquille de tes yeux de biche
me voici prêt à la mort
à la vie

Des enfants chantent
dans quelque brouillard insoumis
à l'orée de la terre.

Il fallait chanter cette rivière
             serpent noir glissant entre les saules d'argent

il fallait chanter ces demoiselles
             ces paisibles libellules

il fallait chanter le soleil caressé par ces bêtes
             en leurs sabots, leurs cornes, leur crinière

il fallait chanter le fruit lourd pour nos dents acides
             le pain de froment pour nos mains étonnées

il fallait chanter un jour parmi d'autres
             un bonheur qui sonnait ainsi que dans les alpages
            fleurissent les sonnailles

il fallait chanter un amour très tendre et très pur
            endormi comme un songe, une chevrette
            au creux profond et quiet de tes genoux
            que joignaient tes deux mains enlacées.

CHANSONS POUR NAUSICAA,
B-Bruxelles, 1950, Les Cahiers de la Poésie Nouvelle,
D.R.

   
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